Humour VS Intimidation


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Combien d’enfants se sont fait briser le cœur (et l’esprit) par des blagues blessantes? Combien d’hommes et de femmes se font user un peu plus chaque jour par des railleries provenant de collègues? Combien de témoins rient jaune devant un clown violent verbalement ou psychologiquement? L’humour est le plus beau masque à utiliser pour banaliser ce qui est en fait de l’intimidation. Tout le monde aime rire; en contrepartie, personne n’aime être le dindon de la farce. Alors, ami lecteur, partage ou commente les lignes qui suivent, car sans ton opinion, cette chronique n’a aucune valeur.

Situation

Laval est un chic type. Le genre de bonhomme honnête, doux et qui ne ferait pas de mal à une mouche. Assurément pas le plus loquace. En revanche, quand il ouvre la bouche, ses proches s’assurent d’écouter ce qui risque d’être de sages paroles. Mais voilà qu’au travail, un collègue a ressenti le besoin de commencer à se foutre de sa gueule. « Viens icitte tapette. » « Eille le mou, j’ai besoin de toé. » « Laval, quand tu parles, t’as l’air d’un osti de fif. » Évidemment, à la suite de ce genre d’attaque, l’agresseur cherche quelques regards approbateurs pour valoriser ses boutades. La fois où Laval est allé nommer son insatisfaction à l’agresseur, ce dernier a eu le fâcheux réflexe d’en rajouter. « Criss, arrête de faire la mauviette, c’est juste une joke. T’as donc ben pas le sens de l’humour. » Rien n’a donc changé au travail et Laval commence à trouver le climat franchement pesant. De plus, son niveau de plaisir au boulot baisse en même temps que celui de la qualité de son rendement…

Explication

Pour mieux tracer la ligne entre humour et intimidation, prenons le temps de répondre à la question : l’intimidation, c’est qui?

Ce sont les intimidateurs : ceux qui exercent l’intimidation ont généralement une faible empathie pour la victime. Ils ressentent également plus ou moins consciemment le besoin d’exercer un pouvoir de domination sur les autres. Ils ont généralement un regard positif envers la violence et démontrent une bonne estime d’eux-mêmes. Il n’en demeure pas moins que ces personnes vivent des frustrations, éléments qui pourraient les emmener à se défouler auprès de collègues, de connaissances, ou même de parents et d’amis. Quelqu’un qui a grandi avec des parents ayant des comportements violents pourrait avoir tendance à se braquer formellement contre toutes formes de violence, ou encore, risque de répéter la violence à l’âge adulte.

Ce sont les victimes : celles-ci se divisent principalement en deux sous-groupes, les provocateurs et les passifs. Les provocateurs ont tendance à être agressifs, impulsifs, nerveux et ont tendance à se venger de l’agresseur de façon malhabile. Pour ce qui est de notre Laval, il fait clairement partie des passifs. Les individus qui composent ce sous-groupe se distinguent par leur côté solitaire, anxieux, ou timide. Ils ne provoquent pas et ne se défendent pas en cas d’agression.

Solution

Finalement, comme toute difficulté possède sa solution, l’intimidation, ce sont aussi les témoins : il est généralement plus fréquent de constater des témoins passifs. Ce comportement s’explique par une crainte de devenir la victime à son tour. Pourtant, les témoins d’un acte d’intimidation ont un rôle crucial face aux comportements de l’agresseur. Une personne externe au conflit qui intervient aura souvent un impact direct sur l’intimidateur. Ce dernier ayant l’habitude de s’en prendre à une personne vulnérable, l’agresseur est soudainement confronté à un nouvel individu qui le sort de sa zone de confort. Plus souvent qu’autrement, après l’intervention d’un témoin, l’intimidateur diminue ou cesse la joute de pouvoir avec les victimes.

Comme quoi nous avons tous le pouvoir d’enrayer l’intimidation.

Note à moi-même : Écrire sur l’impulsivité lors d’une prochaine chronique.

Au plaisir!

Source de la photo : http://www.flickr.com/photos/dionwr/6306222779/


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